Quand le corps exprime ce que les mots ne disent pas : l'accompagnement d'un enfant aujourd'hui apaisé
- 18 sept. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours
Dans mon cabinet, je reçois parfois des enfants pour qui les mots sont encore difficiles à trouver. C’est le cas de D., 6 ans, venu me consulter pour des troubles du sommeil, des angoisses et une peur persistante de l’abandon.
Lors de notre première rencontre, D. m'explique qu'il ne peut pas s'endormir seul : il a besoin de la présence de l'un de ses parents. Mais pourquoi ? Il ne sait pas le dire. Tout ce qu'il ressent, c'est que quelque chose l'empêche de lâcher prise.
Le corps comme messager
Après une première séance d'hypnose, les choses évoluent : D. parvient désormais à s'endormir seul dans sa chambre, même s'il a encore besoin de sentir ses parents proches à l'étage. Lors du second rendez-vous, une confidence importante surgit. D. me raconte qu'au cours de la journée, à l'école ou au sport, il ressent parfois des "boules" dans son corps.
C'est une découverte pour sa maman, car D. n'en avait jamais parlé. C'est ici que l'approche thérapeutique devient passionnante : lorsque l'enfant ne peut pas expliquer ses peurs, le corps, lui, exprime tout.
Libérer les tensions avec l'ICV
Pour accompagner ce vécu corporel, j'ai proposé à D. une séance d'ICV (Intégration du Cycle de la Vie).
Le principe est simple mais puissant : grâce à un accompagnement rythmé (le tapping sur les genoux), nous parcourons les années de vie de l'enfant, en commençant par la période fœtale, pour permettre au cerveau émotionnel (le cerveau limbique) de traiter ce qui est resté figé.
Il est important de préciser que nous ne cherchons pas à "comprendre" ou à "raisonner" sur ce qui s'est passé. Nous ne cherchons pas à trouver un coupable ou une cause logique. Pourquoi ? Parce que le mental peut se tromper, alors que le corps, lui, a sa propre mémoire. L'idée est de laisser le cerveau libérer l'intention positive — cette protection que le corps avait mise en place pour aider l'enfant à traverser une émotion, mais qui, aujourd'hui, est devenue encombrante.
Se sentir apaisé durablement
Ce matin, les nouvelles sont magnifiques : D. était fier d'annoncer qu'il n'avait pas appelé ses parents de la soirée. Il exprime une petite crainte que cela ne dure pas, ce qui est très sain à son âge, mais il a déjà franchi un pas immense.

Ce témoignage, partagé avec l'accord de sa maman, nous rappelle une vérité essentielle : le corps n'oublie rien, mais il a une incroyable capacité à se libérer. Parfois, il suffit d'un espace sécurisant, d'une écoute bienveillante et d'une méthode adaptée pour que l'enfant puisse enfin se sentir apaisé et retrouver la sérénité qui lui appartient.




